Moïse devant le Buisson ardent, en 1856

FLANDRIN Hippolyte-Jean

Lyon, 1809 ; Rome, 1864

ZOOMER: passer la souris

© RMN-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Hervé Lewandowski - Utilisation des photographies soumise à autorisation

Peinture à l'huile sur carton. Cadre en bois mouluré doré. Traces sous-jacentes de crayon graphite de la mise au carreau. Projections de peinture au revers (originales ?)

H. 45 cm ; L. 54,9 cm ; Ep. 0,4 cm ; Pds 3,6 Kg (supports+cadre)

achat avec participation du FRAM

88.40

En savoir plus

Esquisse finale pour le fragment « Moïse et le Buisson ardent », peint dans la partie droite de la première travée du côté gauche de la nef de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris. De 1842 à 1864, Hippolyte Flandrin mène quatre campagnes pour la décoration de cette église : le sanctuaire (1842-1846), le chœur ou la Chapelle des apôtres (1846-1848), la nef de 1856 à 1863) et le transept (1864). Ce projet est l'une des premières œuvres de l'ensemble des vingt peintures murales de la nef, consacrées à des épisodes tirées de l'Ancien et du Nouveau testament. L'espace de chacune des travées est divisé en deux. L'épisode représenté à gauche renvoie au Nouveau Testament, celui de droite à l'Ancien Testament comme préfiguration du Nouveau. Le pendant de « Moïse et le Buisson ardent » est « L'Annonciation ». Oeuvres en rapport : « Le Buisson ardent » (Inv. 88.42, Inv. 88.43 et Inv. 88.44, collection du MUDO - Musée de l'Oise). Dans ces dessins, au centre du buisson apparait Dieu le Père qui n'est plus présent dans l'esquisse peinte, sinon par son auréole.

Version définitive pour le décor mural de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris, cette oeuvre illustre un épisode de l'Ancien Testament. Hyppolite Flandrin entreprend en 1856 ce gigantesque chantier avec l'aide de son frère Paul. Dans la nef, puis dans le choeur, il renouvelle l'iconographie avec un souci exigeant de clarté et de synthèse. Pour cela, il est considéré comme le grand peintre religieux du XIXe siècle. Moïse, auréolé, un genou à terre et se protégeant la tête avec son bras est face à un buisson qui s'enflamme, dans lequel on devine une auréole. Il a posé à terre ses sandales et son bâton de berger, ses moutons se trouvent à sa droite. En bas, à gauche représentation d'une partie de l'arc architectural. Selon la Bible, Moïse serait parvenu sur le mont Horeb, la montagne de Dieu, en faisant paître son troupeau. Là, l'ange du Seigneur lui apparaît dans une flamme au milieu d'un buisson, qui brûle sans jamais se consumer. Il retire ses sandales à la demande de Dieu (Exode 3, 5 : « Retire tes sandales car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte »). Cet épisode biblique raconte donc l'apparition du Dieu éternel à Moïse. Ce type de manifestation divine porte le nom de théophanie.