L'Enrôlement des Volontaires de 1792 : premier projet d'ensemble, en 1847

COUTURE Thomas

Senlis, 1815 ; Villiers-le-Bel, 1879

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© RMN-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Adrien Didierjean - Utilisation des photographies soumise à autorisation

Peinture à l'huile sur toile sur châssis. Cadre en bois doré mouluré à ornementations moulées.

H. 21 cm ; L. 37,2 cm ; Ep. 1,4 cm ; Pds 3,4 kg (toile + cadre)

dépôt d'Etat

73.189

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Esquisse pour le premier projet d'ensemble du tableau « L'Enrôlement des Volontaires de 1792 » (Inv. 77.448, également conservé au MUDO - Musée de l'Oise) ; ce tableau fut commandé le 9 octobre 1848 par le gouvernement de la Seconde République pour la salle des séances de l'Assemblée nationale à Paris. L'exécution du tableau fut suspendue en 1851 et le tableau ne fut jamais mis en place. Cette esquisse fait partie du don de M. et Mme Bertauts-Couture à l'Etat le 30 juin 1953 ; entrée le 11 mai 1964 au Musée national du Château de Compiègne sous le numéro d'inventaire C. 64.031 ; mise en dépôt au Musée du Haubergier à Senlis le 2 juin 1964 ; puis dépôt à titre d'échange au Musée départemental de l'Oise à Beauvais par arrêté du 16 avril 1973.

Il s'agit d'une des premières esquisses, sinon la première, pour « L'Enrôlement de volontaires de 1792 ». La composition est semblable à celle de l'esquisse du Museum of Fine Arts de Springfield, à l'exception des allégories ailées à droite de la tribune qui ont disparu dans ce dernier tableau. En revanche, sur la toile définitive, ces allégories sont présentes, tandis que celle figurant la Liberté a été remplacée par le drapeau tricolore. La scène s'organise ici, comme dans le dessin (Inv. 54.23, conservé également au MUDO – Musée de l'Oise), autour de la figure de la Liberté qui, dans un nimbe de lumière blanche, occupe une position centrale et déterminante. La vivacité des couleurs tricolores de cette silhouette éclate au milieu d'un ensemble traité en camaïeu brun. Coiffée d'un bonnet phrygien, cette figure de la Liberté est l'image même de la Révolution : elle s'inspire directement des fêtes révolutionnaires au cours desquelles des jeunes femmes placées sur des chars de triomphe incarnaient la Liberté ou la Vertu. On sent ici le désir de Couture de traduire la réalité de l'époque, de s'y rattacher, tandis que des allégories ailées entraînent vers la victoire cette foule animée qui défile « comme une vague dont les crêtes seraient indiquées par les bras levés des Volontaires ». Tout l'enthousiasme patriotique et républicain de Couture des années 1847 ou 1848, la vigueur et l'animation des silhouettes pour lesquelles il réalisera de si nombreux dessins et études préparatoires, transparaissent dans cette petite toile animée d'un véritable souffle épique. (D'après Marie-José Salmon, 1989, p. 41)