Le retour du grognard, en 1821

HUET Paul

Paris, 1803 ; Paris, 1869

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© RMN-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Thierry Ollivier - Utilisation des photographies soumise à autorisation

Peinture à l'huile sur toile sur châssis. Cadre en bois mouluré à ornementations moulées avec étiquette-cartel portant le nom de l'auteur, ses dates, le titre du tableau et sa date.

H. 48,2 cm ; L. 64 cm ; Ep. 2 cm ; Pds 9 kg (toile+cadre)

achat sur les arrérages d'un legs

998.2.1

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Sous un ciel chargé de lourds nuages annonçant l'orage prochain, un officier avance péniblement sur un cheval alezan. Il est couvert d'un ample manteau brun au revers rouge. Le cavalier suit un chemin qui se déroule et se perd au loin dans la plaine marécageuse. Un petit chien court derrière lui. « Le Retour du Grognard », peint en 1821, donc très tôt dans la carrière de Paul Huet -il vient d'entrer dans l'atelier de Gros ; il a alors 18 ans-, est étonnant de maîtrise et de fraîcheur. Témoignage des premiers liens d'amitié avec Delacroix, ce tableau peut être considéré comme un maillon essentiel de l'évolution du paysage, en tant que premier paysage romantique : « Contraste de lumière, exagération de l'effet : tout y est » (Pierre Miquel, 1962) dans une interprétation lyrique de la nature qu'affectionnera toujours le peintre, une écriture fluide, un faire large traduisant son sentiment intérieur. Le thème, récurent chez Huet, de l'errance du cavalier, et le traitement « moderne » d'une nature offrant un espace infini et indistinct, dans lequel la silhouette isolée semble devoir se dissoudre, le ciel contrasté, tourmenté en digne héritier de Georges Michel sont très convaincants. Jalon emblématique du romantisme, s'il en est, ce tableau est aussi une admirable image pour l'Histoire de France, symbolique de l'épopée napoléonienne finissante, et d'un grand pouvoir émotionnel, traduisant un sentiment de malaise et de désillusion. Le sujet offre de plus, une résonnance particulière pour Paul Huet dont le frère aîné disparut dans la tourmente de la Grande Armée. Pour cette scène, le peintre a utilisé une étude de paysage des environs de Saint-Valéry dans la baie de Somme.