La tribune, fragment de la composition des Volontaires de 1792, vers 1848 - 1850

COUTURE Thomas

Senlis, 1815 ; Villiers-le-Bel, 1879

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© RMN-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Adrien Didierjean - Utilisation des photographies soumise à autorisation

Esquisse inachevée à l'huile sur toile sur châssis avec traits et frottis au crayon. Cadre en bois doré.

H. 97,5 cm ; L. 130 cm ; Ep. 4 cm ; Pds 48 Kg (toile + cadre avec verre)

dépôt d'Etat

67.10

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esquisse du projet de la partie supérieure du tableau « L'Enrôlement des Volontaires de 1792 » (Inv. 77.448, également conservé au MUDO - Musée de l'Oise) ; ce tableau fut commandé le 9 octobre 1848 par le gouvernement de la Seconde République pour la salle des séances de l'Assemblée nationale à Paris. L'exécution du tableau fut suspendue en 1851 et le tableau ne fut jamais mis en place.

Comme l'indique l'inscription due sans doute à Couture lui-même, cette ébauche, restée très esquissée, constitue le projet de la partie supérieure de « L'Enrôlement des volontaires de 1792 ». L'on sait que Couture a conçu sa composition en deux zones horizontales réunies dans une sorte de pyramide. Nous sommes ici dans la partie supérieure, là même où s'accomplit l'enrôlement des soldats. Sur une estrade et une planche posée sur deux tambours, on inscrit les Volontaires que dominent les plis du drapeau déployé sur lequel on lit l'inscription : « La Patrie est en danger ». Toujours attentif à la réalité des faits, Couture a peut-être même de façon trop redondante pris connaissance directement du texte de l'arrêté du Conseil général de Paris de juillet 1792, tant il se conforme aux prescriptions édictées alors et reprises par Jules Michelet dans son « Histoire de la Révolution française ». Selon l'acte de l'Assemblée législative, non soumis à la sanction du roi, voté à Paris le 12 juillet 1792 : « Il sera dressé dans plusieurs places des amphithéâtres sur lesquels seront placées des tentes ornées de banderoles tricolores et couronnées de chêne ; sur le devant de l'amphithéâtre, une table, posée sur deux caisses de tambours, servira de bureau pour recevoir et inscrire les noms des citoyens qui se présentent ». Nous percevons dans ce morceau les deux premières étapes de la méthode de Couture : le tracé des contours et l'indication des ombres. On y voit aussi avec quel soin Couture prépare ses dessous, rouge brun pour les parties chaudes, cobalt pour les parties froides, exerçant une influence déterminante sur l'aspect final de l'œuvre. (D'après Marie-José Salmon, 1989, pp. 62-63)