Chandelier aux dragons, 4e quart du 16e siècle

Anonyme

Iran

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© RMN-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Thierry Ollivier - Utilisation des photographies soumise à autorisation

Chandelier en alliage cuivreux moulé et martelé, au décor champlevé, gravé et incrusté de pâte noire. Il est probablement le résultat d'un assemblage de 5 parties (brasures ?) : col et double bobèche en forme de dragons ; second col concave ; épaule ; paroi ; base circulaire. Trois traces de soudures sous la base circulaire permettent de supposer la présence, à l'origine, de trois pieds surélevant l'objet. Le traitement du décor (les gravures des écailles) et la différence de l'aspect des alliages suggèrent que la partie haute, formée par les dragons, est peut-être un remploi. Les dragons aux corps serpentiformes, entrelacés, formant fût et bobèches apparaissent au 15e siècle dans l'est du monde iranien. Ici, il est très possible que l'objet soit constitué d'une partie 15e siècle, assemblée à un objet conçu pour elle au 16e siècle.

H. 48 cm ; D. 35 cm (à la base)

don

35.19

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Ce chandelier appartenait à Ferdinand Souhart, consul général de France en poste à Beyrouth à la fin du 19e siècle. Il n'existerait que trois chandeliers de ce type : l'un à Copenhague, l'un au Musée d'art islamique de Doha et le nôtre. Pièce acquise par M. Souhart, alors qu'il était ministre à Téhéran, en compétition avec l'agent du Kensington Museum de Londres.

Sous les dragons, aux corps serpentiformes, couverts d'écailles et aux gueules ouvertes pour recevoir les bougies, le chandelier présente un décor très différent : sur fond nu, des décors végétaux (fleurons et palmettes) et des inscriptions. Ces décors sont composés dans des médaillons et des cartouches qui rythment les surfaces. Le quatrain du poème en persan fait référence à l'éclat de la lune et du soleil et à la consumation d'une chandelle /dragon ; cela engendre un dialogue implicite et à teneur mystique, entre l'objet et l'inscription. La lumière qui apparaît est la lumière divine. La présence des deux dragons s'explique par le fait qu'ils symbolisent les deux nœuds lunaires, à savoir les deux points de l'orbite de la lune où cette dernière traverse l'écliptique du soleil. Ils sont incarnés, en astronomie, par la fausse planète Jawhzar (un personnage trônant et tenant deux dragons serpentiformes), qui est celle des éclipses lunaire et solaire.