Adam et Eve, vers 1860

MAZEROLLE Alexis-Joseph

Paris, 1826 ; Paris, 1889

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© RMN-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Adrien Didierjean - Utilisation des photographies soumise à autorisation

Peinture à l'huile sur toile sur châssis. Sans cadre.

H. 83,2 cm ; L. 470,5 cm ; Ep. 3 cm ; Pds 17,5 Kg (toile+châssis)

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76.7.4

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Commande de la cantatrice Rosine Stoltz (Paris, 1815 - Paris, 1903) pour sa villa du Vésinet dans les Yvelines, construite vers 1860, rasée en 1882 par son nouveau propriétaire l'homme d'affaires Auguste Olympe Hériot. Cette peinture faisait partie de l'ensemble décoratif à sujets bibliques qui ornait la chambre à coucher de la cantatrice, comprenant cinq autres panneaux, conservés également au MUDO-Musée de l'Oise : « L'Apparition des anges à Abraham » (Inv. 83.21), « Agar et Ismaël, Eliézer et Rébecca » (Inv. 76.7.5), « Moïse sauvé des eaux » (Inv. 76.7.1), « Ruth et Booz » (Inv. 76.7.3), « Judith et Holopherne » (Inv. 76.7.2). Ce style religieux différait complètement de celui adopté dans les autres pièces de la villa, où prédominaient les allégories artistiques.

Le tableau se divise en trois scènes distinctes, séparées par des palmiers et par deux anges armés d'épées. Au centre, Dieu le Père avec des angelots émergent des nuées au-dessus d'Adam et Eve, endormis dans le jardin d'Eden, après avoir commis le péché originel. A gauche, Adam et Eve sont chassés du Paradis par un ange, que l'on aperçoit à l'arrière-plan nimbé de lumière. A droite enfin, la punition d'Adam et d'Eve : Adam travaillera à la sueur de son front, symbolisé ici par la bèche, alors qu'Eve, enfantera dans la douleur. Elle tient ses enfants, Abel et Caïn, serrés contre elle. En vérité, loin de toute austérité et du conformisme religieux, ce décor sied particulièrement à la forte personnalité de Rosine Stoltz. En effet, tous les épisodes du cycle décoratif de la chambre à coucher mettent en exergue le rôle central des femmes dans l'Ancien Testament, au point parfois de détourner le texte biblique. Dans ces œuvres à la ligne maîtrisée, on reconnaît la formation classique de Mazerolle : le dessin est irréprochable et la matière très lisse, sans touche visible. Hors du temps, ces sujets ne laissent rien transparaître des sentiments du peintre : ils sont au service de la seule commanditaire et d'une certaine vision du Beau idéal.