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Wall Street in New York

Bernard Boutet de Monvel - 1930-1931
  • Bernard Boutet de Monvel Paris, 1881 – au large des Açores, 1949 Wall Street in New York (1930-1931)
    Huile sur toile, 66,3 x 27,2 cm Achat en 1978, Inv. 78.7
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    © RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Hervé Lewandowski – © ADAGP

     Cette esquisse peinte par Bernard Boutet de Monvel nous fait découvrir comme un passant William Street, une rue étroite de Wall Street dans le quartier de Manhattan à New York. Dans cette vue en contreplongée, les hauts buildings dont on ne peut voir le sommet cloisonnent tous les côtés de la rue. Cela provoque chez le spectateur une sensation d’enfermement, encore renforcée par l’obscurité du bâtiment de gauche, d’un gris anthracite presque uniforme. Au pied de celui-ci, les passants sont cadrés à mi-corps ; leurs visages sont indistincts. Ils arpentent la rue, indifférents les uns des autres. Un câble d’une ligne de tramway, dont était alors couvert New York, strie la toile d’un trait noir à mi-hauteur.

     Boutet de Monvel réalisa toute une série de toiles sur New York mais n’en acheva qu’une vingtaine. Pour concevoir ces paysages urbains, il commençait par photographier le lieu qu’il souhaitait peindre, selon le cadrage précis qu’il voulait obtenir. Pour pouvoir en recomposer l’atmosphère lumineuse en atelier, il allait jusqu’à noter l’heure de sa prise de vue. Ensuite, il commençait son travail graphique en quadrillant la photographie et sa toile préparée. Ce procédé, appelé mise au carreau, lui permettait de changer d’échelle entre son tirage et son dessin, et de reproduire très fidèlement la photographie. Pour peindre, il se rendait de nouveau sur le motif, mais cette fois-ci avec sa toile et ses couleurs, comme les paysagistes du XIXe siècle. Notre tableau a probablement été abandonné à ce stade. En effet, bien que la toile soit peinte, on y lit encore la mise au carreau très visible en partie haute.

     Arrivé à New York en novembre 1926, Boutet de Monvel est immédiatement fasciné par l’architecture de cette métropole en perpétuelle métamorphose. Il y met à profit son goût pour la ligne, uniquement composée de droites et d’arcs de cercle. Il y développe également une palette sourde faite de gris, de bruns et de noirs. Le style du peintre et celui de la ville sont comme l’écho l’un de l’autre. L’essentiel de l’architecture new-yorkaise est dans le rapport des masses et des lignes, avec un minimum d’ornementation. De même, Boutet de Monvel est un inconditionnel du trait incisif et du dépouillement esthétique.