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Vase à six côtes verticales

Auguste Delaherche - 1892
  • Auguste Delaherche Beauvais, 1857 – Paris, 1940 Vase à six côtes verticales (1892)
    Grès émaillé rouge, bleu de cobalt, bistre, mauve, 66,8 cm de haut Achat en 1992, Inv. 92.39
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    ©RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Adrien Didierjean
  • Auguste Delaherche Beauvais, 1857 – Paris, 1940 Vase à six côtes verticales (1892)
    Grès émaillé rouge, bleu de cobalt, bistre, mauve, 66,8 cm de haut Achat en 1992, Inv. 92.39
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    ©RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Adrien Didierjean

     Ce superbe vase en grès d’Auguste Delaherche présente un décor sobre et épuré composé de six côtes verticales qui révèlent les recherches d’émaillage du jeune maître céramiste. Attiré par la tradition céramique beauvaisine, dont son oncle paternel, grand collectionneur, détient des pièces majeures, Auguste Delaherche rencontre en 1883 Ludovic Pilleux, céramiste de la manufacture à l'Italienne installée près de Beauvais. Pris comme apprenti dans cet atelier, il y crée ses premiers grès artistiques empreints de la tradition régionale. Dès 1887, il obtient une médaille d’or à l’Exposition des Arts décoratifs. Suite à ce succès, il reprend l’atelier parisien du céramiste Ernest Chaplet, connu pour avoir été le premier à percer le secret du rouge sang de bœuf, détenu jusqu’alors par les Chinois.

     De 1887 à 1894, Auguste Delaherche y développe une création variée de céramiques à décor végétal ou de plumes de paon qui lui vaut l’attribution d’une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1889. Réalisé moins de dix ans après ses débuts, ce vase à six côtes démontre la capacité de Delaherche à percer le secret du rouge intense. Ce vase à décor épuré, sobre et géométrique participe des recherches d’émaux de l’artiste : il réussit à y obtenir de subtiles variations de teintes, du rouge sang au vert bistre en passant par des teintes violines. La même année Art et Décoration louait ainsi l’artiste : « M. Delaherche est à cette heure le maître potier par excellence. Nul ne vaut à nos yeux pour sa robuste franchise des formes, pour le naturel de l’art céramique le plus pure et le plus fort. Presque pas de détails décoratifs. »

     Auguste Delaherche ne cessera de poursuivre sa quête de perfection par la maîtrise technique des émaux, des cuissons. En 1894, il s'installe à Armentières, près de Beauvais. Le MUDO – Musée de l'Oise conserve la plus importante collection de céramiques d’Auguste Delaherche. Dès 1921, un ensemble d’une cinquantaine de céramiques entre dans nos collections sous l’impulsion d’Ajalbert, administrateur de la manufacture de tapisserie de Beauvais. En 1959, le fonds s’enrichit de près de quatre cent trente pièces grâce au legs de Jeanne Delaherche, son épouse. Cet ensemble unique est à l’origine de la création de notre collection Art nouveau. Ce fonds Delaherche a notamment été complété par les dons d’Andrée Safar, de René et Léone Bureau, et de Marie-Aimée Breynat, ainsi que par l’acquisition de pièces de premier plan comme ce vase, dont un modèle comparable est conservé au Victoria and Albert Museum (Londres), ou comme La Cheminée aux Paons, véritable chef-d’œuvre de l’artiste.