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Sirènes musiciennes

1ère moitié du XIVe siècle
  • Sirènes musiciennes (1ère moitié du XIVe siècle)
    Sirènes musiciennes, 1ère moitié XIVe siècle Peinture sur enduit de chaux Salle nord du châtelet d’entrée de l’ancien palais épiscopal de Beauvais
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    © RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Thierry Ollivier
  • Sirènes musiciennes (1ère moitié du XIVe siècle)
    Sirènes musiciennes, 1ère moitié XIVe siècle Peinture sur enduit de chaux Salle nord du châtelet d’entrée de l’ancien palais épiscopal de Beauvais
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    © RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Thierry Ollivier
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    Sirènes musiciennes, 1ère moitié XIVe siècle Peinture sur enduit de chaux Salle nord du châtelet d’entrée de l’ancien palais épiscopal de Beauvais
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    Sirènes musiciennes, 1ère moitié XIVe siècle Peinture sur enduit de chaux Salle nord du châtelet d’entrée de l’ancien palais épiscopal de Beauvais
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    Sirènes musiciennes, 1ère moitié XIVe siècle Peinture sur enduit de chaux Salle nord du châtelet d’entrée de l’ancien palais épiscopal de Beauvais
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    © RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Thierry Ollivier

     Quatre sirènes musiciennes décorent une des voûtes au rez-de-chaussée de la salle située à l’arrière de la tour d’entrée nord de l’ancien palais épiscopal. Elles jouent l’une de la cornemuse, l’autre de la viole à archet, du tambour et de la flûte pour une troisième et pour la dernière, d’un instrument aujourd’hui disparu, la trompette marine. Peintes sur un enduit de chaux, dans une gamme restreinte de blanc, d’ocre rouge, d’ocre jaune et d’orange, cernées de noir, elles se détachent sur un fond ocre rouge semé de points noirs, censé représenter les fonds marins. Leur long corps sinueux s’ajuste parfaitement à la forme triangulaire des voûtains. Les ogives qui séparent les sirènes deux à deux sont quant à elles peintes de motifs décoratifs : quadrilobes, points, semis de fleurs de lys de couleur or sur fond bleu foncé. Les travaux de restauration entrepris en 2013 ont révélé des traces infimes de couleur sur les murs et les ébrasements de fenêtres qui permettent d’affirmer que l’intégralité de la salle était à l’origine ornée de peintures.

     Dans la littérature antique, les sirènes apparaissent dans l’Odyssée d’Homère sous forme de monstres marins mi-femmes, mi-oiseaux qui attirent les navigateurs par leurs chants mélodieux, afin de pouvoir les dévorer après que leur bateau se soit échoué sur les récifs. Ulysse réussit à déjouer leur piège en se faisant lier au mât du navire et en demandant aux autres membres de l’équipage de se mettre des bouchons de cire dans les oreilles.

     À l’époque médiévale, les sirènes perdent leurs ailes pour se doter d’une queue de poisson, mais elles gardent leur caractère maléfique. Elles symbolisent la malignité des femmes, ces êtres que l'on pensait alors lascifs et futiles, promptes à séduire les hommes pour les mener à leur perte. Ainsi, elles sont souvent représentées avec des instruments de musique ou se contemplant dans un miroir. À Beauvais, cet aspect maléfique de la sirène semble être respecté. En effet, les consoles supportant les arcs sont sculptées d’une tête d’homme aux oreilles duquel sont placés deux démons tentateurs.

     Les sirènes, ainsi que d’autres vestiges, en particulier un pavement en terre cuite glaçurée à l’étage, témoignent de la qualité de l’ornementation du châtelet d’entrée fortifié, édifié par l’évêque Simon de Clermont de Nesle à la suite de la révolte de la commune de Beauvais en 1305 contre l’évêque-comte, accusé d’avoir augmenté les taxes sur l’utilisation des moulins.