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Salon aux perroquets

Leonetto Cappiello et André Groult - 1925-1928
  • Leonetto Cappiello et André Groult CAPPIELLO, 1875, Livourne (Italie) – 1942, Cannes, et GROULT, 1884-1967 Salon aux perroquets (1925-1928)
    Un canapé, deux fauteuils, deux chaises, un écran en frêne laqué Tapisserie fabriquée par la Manufacture nationale de tapisserie de Beauvais Dépôt du Mobilier national en 1977, MNT 30356, 30357.1 et 2, 30358.1 et 2, 30359
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    © MUDO – Musée de l’Oise / Jean-Louis Bouché
  • Leonetto Cappiello et André Groult CAPPIELLO, 1875, Livourne (Italie) – 1942, Cannes, et GROULT, 1884-1967 Salon aux perroquets (1925-1928)
    Un canapé, deux fauteuils, deux chaises, un écran en frêne laqué Tapisserie fabriquée par la Manufacture nationale de tapisserie de Beauvais Dépôt du Mobilier national en 1977, MNT 30356, 30357.1 et 2, 30358.1 et 2, 30359
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    © MUDO – Musée de l’Oise / Jean-Louis Bouché

     Exposé par la Manufacture nationale de tapisserie à l’Exposition des arts décoratifs à Paris en 1925, l’écran aux perroquets rencontre, comme l’ensemble des travaux des lissiers, un grand succès. Commandé en 1924 au célèbre affichiste Leonetto Cappiello, cet écran est monté sur un bois de Frantz Jourdain. Satisfait du carton de Cappiello, Jean Ajalbert complète sa commande en 1925 pour un salon, tissé de 1925 à 1928.

     Le salon composé d’un canapé, de deux fauteuils, de deux chaises et d’un second écran est monté sur des bois d’André Groult, architecte décorateur, célébré à l’exposition de Paris en 1925 pour sa participation au décor de l’Ambassade de France. Le salon aux perroquets est un bel exemple du renouveau artistique souhaité par Jean Ajalbert, nouvel administrateur de la Manufacture de Beauvais à partir de 1917. Soucieux de l'inscrire dans son époque, il ne cesse de chercher des artistes prêts à répondre aux spécificités techniques de la tapisserie. Dans la tradition de la prestigieuse maison, Capiello dessine un motif animalier pour recouvrir le mobilier créé. Les volatiles aux ailes déployées et entremêlées forment des arabesques multicolores, joyeuses et exotiques. Les cartons de Cappiello permettent ainsi de valoriser la virtuosité des lissiers beauvaisiens par l’emploi d’une riche gamme de couleurs : blanc, rouge, vert, bleu, jaune sur un fond orangé.

     En quelques années, Ajalbert réorganise la manufacture de Beauvais permettant une rationalisation de la production. Pour une meilleure adéquation de la tapisserie au mobilier, les artistes cartonniers travaillent avec les décorateurs en charge des bois. Malgré la réalisation de l’écran par Frantz Jourdain, c’est finalement André Groult, créateur d’autres ensembles mobiliers de la manufacture de Beauvais dont le célèbre Salon Paris par Raoul Dufy, qui conçoit la structure en hêtre laqué d’une grande élégance et sobriété. Cet ensemble répond ainsi aux exigences de la manufacture : une tapisserie est une œuvre créée pour durer qui doit être montée sur un mobilier novateur, mais aux lignes indémodables. En 1929, la collaboration entre la manufacture et Leonetto Cappiello est renouvelée par la livraison de cartons pour une salle à manger, Les Faisans, montée sur des bois de Jacques-Émile Ruhlmann et celle, en 1932, du Langage des Fleurs montée sur des bois sculptés et dorés d’André Groult.

     Présenté à l’Exposition coloniale de 1931 à Paris, le salon aux Perroquets rencontre un grand succès. En novembre 1937, le Mobilier national répond à la demande du Préfet de l’Oise, en déposant l’ensemble mobilier dans un des salons de l’Hôtel de Préfecture à Beauvais. Quarante ans plus tard, sur proposition du Préfet et de son épouse, il rejoint les collections du MUDO – Musée de l'Oise, permettant au musée de présenter le renouveau de la manufacture sous la direction de Jean Ajalbert.