Précédent Suivant

Les Avions fantaisistes

André Devambez - 1911-1914
  • André Devambez Paris, 1867 – Paris, 1944 Les Avions fantaisistes (1911-1914)
    Huile sur toile, 55 x 72 cm Donation de Madame Bousquet, fille de l’artiste, en 1987, Inv. 87.24
    • Partager
    Passez la souris sur l’oeuvre pour zoomer
    © RMN-Grand Palais (MUDO – Musée de l’Oise) / Hervé Lewandowski – © ADAGP

     André Devambez commença le dessin des Grandes manœuvres le 5 décembre 1911 (MUDO – Musée de l'Oise, Inv. 87.268). Dix jours plus tard, il reporte le calque sur la toile et commence à peindre. Le 18 décembre il se rend à la troisième Exposition internationale de la locomotion aérienne au Grand Palais à Paris, où il est impressionné par les aéroplanes militaires. Le 20 décembre, il y retourne pour prendre des croquis du Nieuport II, un avion monoplan. Le 30 octobre 1914, Devambez retouche son tableau pour le transformer en bataille contre l'Allemagne. Engagé volontaire en 1915 comme peintres dans la section de camouflage du 1er régiment du Génie, il sera grièvement blessé le 3 juin 1915 près d’Armentières.

     Cette vue aérienne nous offre une perspective plongeante, telle que les affectionnait André Devambez, sur un terrain de manœuvres militaires et des avions. L’élévation du point de vue provoque une déformation de la vision et confère à la composition toute son originalité. Le regard se situe au-dessus des avions, comme si l’artiste se trouvait lui-même dans un avion qui survolerait les deux autres, eux-mêmes placés à deux niveaux de hauteur différents par rapport au sol. L'angle de vue est ainsi spectaculaire et vertigineux. D’ailleurs, une anecdote rapportée par un chroniqueur de la revue satirique Fantasio pourrait parfaitement se rapporter à notre tableau : « Les toiles de Devambez !... Oh ! Ne m’en parlez pas… Je ne puis les regarder en face. – Et pourquoi Madame ? – Mais parce qu’elles me donnent le vertige. » Ici, la perspective est renversée : plus de ligne d’horizon ni de point de fuite, plus de repères qui permettent à l’œil d’appréhender l’espace. Le regard panoramique découvre un monde aplati et le cadrage du tableau, coupant les deux avions de manière parfaitement arbitraire, donne une vue « sans bords, sans commencement ni fin » (Nadar).

     En 1987, la donation d’œuvres d’André Devambez par sa fille au MUDO – Musée de l'Oise compte 74 peintures, 58 dessins, 155 estampes et 56 œuvres imprimées. De ses premières œuvres académiques aux dessins d’actualité pour le journal L’Illustration, des publicités pour la Phosphatine Falières aux dessins d’illustration pour Les Voyages de Gulliver, des œuvres relatives à la Première Guerre mondiales aux œuvres témoignant de sa fascination pour la modernité, le fonds Devambez du MUDO – Musée de l'Oise présente un beau panorama de l’œuvre foisonnante de cet artiste méconnu.